7.7.16

Tribulations dans le métro : chutes, larmes et pickpockets

Il y a des jours comme ça où rien ne va, on a beau faire, rester positif tout ça tout ça, ces jours là, la vie a décidé d'être une chienne avec nous. Retour tout en second degré sur une journée particulièrement merdique comme on en fait rarement. Article garantit 100% racontage de vie. 


Samedi dernier je suis allée au cinéma voir le dernier Conjuring (il est super au passage). En sortant de la séance il pleuvait à flots, j'avais la moitié de la ville à traverser pour aller chez Georges et c'est donc à contrecœur que j'ai renoncé à prendre mon habituel Vélib' pour m'engouffrer dans la première bouche de métro venue. Je claque donc fissa la bise à mes copines et je pose un pied sur l'escalator, puis deux.... Et là c'est le drame. La chute de merde. Mes semelles mouillées ont glissé sur les marches en métal et je me suis, n'ayons pas peur des mots, ramassé la gueule en toute beauté, descendant tout le reste de l'escalator sur les fesses. Je tente donc de me relever mais là impossible, un escalator en marche n'étant hélas pas le support le plus adéquat pour cela. HEUREUSEMENT un gentil monsieur qui passait par là m'a aidé à me remettre sur pieds en me soulevant par les aisselles (oui oui, exactement comme on le fait avec les petits enfants). Je l'ai bien évidemment chaleureusement remercié en détournant le regard tout de même, rouge de honte que j'étais.   


Viens je t'attends, murmura l'escalator. (via)

Je poursuis donc mon chemin en tentant de me refaire une contenance, j'ai un peu mal quand même mais I'm a survivor comme dirait Beyoncé. J'arrive sur le quai et je m'engouffre dans le métro sans autres encombres. A la station suivante une jeune fille monte dans ma rame en pleurs, elle semble dans tous ses états. Evidemment personne ne bronche, tout le monde fait comme si elle n'existait pas. Peinée par la situation je lui tends un mouchoir, la seule chose que j'aie sur moi susceptible de l'aider un peu. Je tente de lui demander si elle va bien, elle ne me répond pas, je comprend qu'elle n'a peut être pas la force ou l'envie de sortir un mot là tout de suite alors je me détourne pour la laisser tranquille. Lorsque je descend à ma station je suis quand même un peu beaucoup chamboulée par toute cette tristesse avec ma tendance à être très (voir trop) empathique vis à vis de tout le monde. Je tente alors de me changer les idées en écoutant un peu de musique et c'est donc les écouteurs vissés sur les oreilles que je m'engage dans une rame de la ligne 2. 


(via)

Pigalle. Nous sommes un samedi en fin d'après-midi et comme toujours sur cette ligne à cette horaire le métro est blindé. Je suis tranquillement en train d'écouter ma musique le regard dans le vague lorsqu'un homme me bouscule pour venir se planter à l'endroit le plus noir de monde du wagon. Intriguée par cette drôle de conduite je le regarde faire lorsque je le vois se coller à un vieil homme de façon très étrange et soudain je le vois plonger la main dans la poche de ce dernier... Je ne sais pas ce qui m'a prit de lui attraper le bras à ce moment là, un réflexe sans doute. Je le regarde avec insistance, lui se dégage et continue... Et alors je crie. Un "STOP, ARRÊTEZ" bien sonore. Tout le monde se retourne. L'homme commence alors à crier à son tour, mais qui je suis ? Mais pourquoi je l'accuse d'avoir fait quoi que ce soit, etc ? bref, le speech classique je suppose du voleur littéralement prit la main dans le sac. Je ne me démonte pas et dis à voix haute que je l'ai vu tenter de glisser la main dans la poche du vieil homme, que je sais très bien ce qu'il tentait de faire et sans grande surprise il nie tout en bloc. Et bien sûr là encore personne n'esquisse un geste. Je tente de demander au monsieur si il a bien toutes ses affaires, ce dernier me répond en anglais qu'il ne me comprend pas. Un touriste de toute évidence. Heureusement un autre homme à côté de lui fait la traduction, il va bien et rien ne lui manque, tant mieux mais en attendant l'autre à côté continue de me gueuler dessus comme une poissonnière. Un peu excédée, je décide de sortir à la prochaine station. Manque de pot l'autre descend lui aussi. Il m'insulte encore une dernière fois avant de prendre le chemin opposé. Je l'ignore et soulagée qu'il disparaisse je décide de me hâter de sortir de la station.


(via)

L'histoire aurait pu s'arrêter là, mais non. Arrivée au bas des escaliers quelqu'un me tire par le bras, je me retourne et alors je constate qu'il s'agit du voleur qui de toute évidence n'agissait pas seul et s'est empressé d'aller rejoindre ses petits copains. C'était bien ma veine. Ils sont une dizaine autour de moi et l'un d'eux me menace en gros de me planter si ils me recroisent et si je tente d'aller voir la police. Charmant. Je les envoie balader copieusement plus remontée que jamais (je me suis bien dis ensuite que ce n'était peut être pas la meilleure solution pour éviter tout débordement mais bon sur le coup j'étais surtout énervée en fait) et je sors de la station rapidement, sous l'écho de leurs menaces. C'est alors que je passe en mode paranoïa et je me retourne toutes les cinq secondes pour m'assurer qu'ils ne me suivent pas, je décide même de faire un détour au cas où. Heureusement ce ne fut pas le cas. Une fois suffisamment éloignée j'ai saisit mon téléphone pour appeler mon Georges histoire de me calmer un peu. 

Je suis enfin arrivée chez lui encore dans tous mes états. Pour résumer donc, à ce stade de la journée j'avais mal, j'étais toujours triste pour cette jeune fille et en même temps en colère contre les pickpockets sans compter que j'étais désormais trempée d'avoir dû me taper une station à pied sous la pluie, bref, c'était un joyeux mélange d'émotions en tout genre qui se bousculaient dans ma petite tête. Et sur ce, ses parents sont arrivés. Sa mère portait dans ses bras le petit chat de l'immeuble dans un bien sale état. Que je vous explique rapidement, Smauggy de son petit nom (on l'a surnommé ainsi en référence à ses grands yeux verts et son regard qui tue évoquant le dragon Smaug dans Le Hobbit) c'est officiellement le chat des voisins mais en vrai il passe son temps à venir jouer, demander des caresses et explorer l'appart de tous les voisins du premier étage. Et il est trop mignon alors évidemment tout le monde l'adore. 



Un peu comme ça le regard, là, voilà. (via)

Elle nous explique qu'il a très certainement été battu et qu'ils l'ont trouvé errant dans l'immeuble. La pauvre bête saigne, perd ses poils et ne se laisse pas approcher, elle d'ordinaire si câline. On lui donne à manger, elle se jette dessus, affamée. Décidément, c'est une bien morne journée. 

Je pense que à ce stade du récit je vais vous épargner le récit de ma brûlure d'huile un peu plus tard dans la soirée en faisant cuire mon steak à l'oignon, le but de cet article n'étant pas non plus de me faire prendre en pitié mais tout ça pour dire qu'il y a des jours comme ça où, sans qu'on sache trop pourquoi, le monde semble bien décidé à tourner de travers et où on aurait bien mieux fait de rester sous la couette. Tout ce qui nous reste à faire dans ces cas là c'est relativiser (dit sérieusement la meuf qui a passé le reste de la soirée à bouder et grommeler dans son coin), après tout, que seraient les bons moments sans les mauvais hein ? 



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