12.6.16

Le vélo en ville : guide de survie du débutant


Le vélo en ville


Coucou tout le monde ! 

Avec le retour tant attendu du soleil j'ai eu envie en ce dimanche de vous parler d'un sujet qui me tient à cœur : ma conversion depuis quelques mois au cyclisme urbain et ma quasi désertion des transports en commun. Comme je ne suis certainement pas la seule ici à avoir eu cette idée un jour, je vous propose de faire le point de toutes les choses que j'aurais aimé savoir avant de me lancer dans l'aventure.


En effet il y a quelques mois de cela j'ai décidé de me mettre au vélo pour des raisons pratiques : ma fac ne se situe qu'à quelques kilomètres de chez moi et pourtant pour y parvenir je dois prendre un bus et trois métros, soit trois changements et autant de perte de temps. Au final je me retrouvais avec des trajets pouvant atteindre une heure, de quoi exaspérer les plus patients et ce sans parler des conditions de voyage sur certaines lignes aux heures de pointe...


Allégorie de l'état psychique du voyageur de la ligne 6 
un lundi matin (via )

Et puis un jour, je me suis dit "et pourquoi pas moi ?" en passant devant une énième borne à vélos, et me voilà depuis lors l'heureuse bénéficiaire d'un abonnement Vélib' en bonne parisienne que je suis. C'est donc le cœur remplit d'allégresse que j'ai saisi fièrement pour la première fois mon pass afin de décrocher le fameux vélo et partir à la découverte de nouvelles aventures le cœur libre et la crinière au vent (Quoi ? J'en fais trop vous dites ?) Ha ! Si il est vrai que ce mode de déplacement offre bien des avantages il réserve également son lot de surprises ! Alors à toi, petite hirondelle, qui songe tout comme moi à sauter le pas, laisse moi te donner avant cela la liste non exhaustive des petites (et grosses) surprises qui t'attendent... 




Première catégorie : les dangers de type humanoïde


  • Le piéton sauvage : il apparaît toujours sans prévenir en travers de votre chemin, surgissant des hautes herbes sans crier gare (comprenne qui pourra). Vous pensiez que le plus gros danger pour le cycliste lambda viendrait des véhicules motorisés ? Tatata... Le plus dangereux c'est bien lui. Mention spéciale au piéton à écouteurs qui confond la piste cyclable avec le trottoir et pour lequel vous aurez épuisé vos dernières forces en jouant de la sonnette, en vain, avant de devoir vous résigner à piler lamentablement en perdant votre équilibre (et oui, vous allez vite prendre conscience du danger public que vous représentiez vous-même jadis)(et non, on ne roule pas sur le piéton, c'est mal). Malheureusement pour vous dans ces cas là, le piéton reste le plus faible de la chaîne alimentaire des moyens de locomotions et donc la priorité lui reviendra toujours (et l'insulter n'y changera rien même si c'est tentant). 
  • Le fou du guidon : dans la lignée des dangers publics, je vous parle cette fois d'un type particulier de cycliste que vous risquez de croiser (un peu trop) souvent. Le fou du guidon se reconnait la plupart du temps à sa vitesse de course excessive et surtout son style de conduite bien à lui. C'est bien simple, il ne reconnait aucune entrave à sa liberté de pédaler et les feux rouges/passages piétons/voitures/sens de circulation/autres cyclistes ne sont pour lui au mieux que de banales décorations urbaines. Sa grande spécialité ? Profiter d'un feu qui passe au vert pour vous doubler par la gauche afin de prendre la rue de droite, le tout bien sûr sans aucun avertissement sonore ou gestuel histoire de laisser la surprise intacte. Ou encore débouler d'un trottoir juste devant votre nez. Un seul mot d'ordre : ne JAMAIS suivre son exemple. 
  • Le scooter qui voulait être un vélo : celui-là vous le croiserez la plupart du temps aux horaires d'affluence lorsque le trafic est ralentit sur la route. Il se rabat alors sur la piste cyclable afin de remonter la file et lorsqu'il vous croise il vous roulerait presque dessus si il trouve que vous ne pédalez pas assez vite à son goût. Un conseil : rester calme et prendre son temps car après tout, le roi de la piste cyclable c'est vous, ne lui en déplaise. 
  • La portière traîtresse : c'est certainement le fléau le plus dangereux d'entre tous, une portière qui s'ouvre alors que vous êtes rêveusement en train de remonter la file des voitures stationnées, un moment d'inattention et c'est l'accident... Pour éviter toute option incluant des os brisés et un séjour aux urgences je ne vous conseillerais jamais assez de respecter un bon mètre de distance entre le bord de la voie et vous. Je sais, il est tentant les premières fois de se rabattre au maximum sur le bord de la route par peur de la proximité nouvelle avec la circulation, ça fait du bruit, ça impressionne, ça va vite, tout ça, je sais, mais sachez que votre meilleure chance de survie passer un trajet sans encombres sera au contraire de prendre la place qui vous revient de droit sur la chaussée en n'hésitant pas même à rouler au centre de la route sur les voies les plus étroites s'il le faut.


Seconde catégorie : les couacs de l'aménagement urbain


  • La rue en sens unique empruntable à contre sens pour les cyclistes, mais en fait non : c'était pourtant indiqué sur le panneau, vous pouviez bien emprunter cette rue à contre sens. Oui mais voilà, la chaussée est tellement étroite qu'en croisant la première voiture venue d'en face vous avez quasiment dû grimper sur le véhicule stationné à votre droite. En voyant un bus arriver au loin vous avez finalement décidé de renoncer et de prendre le trottoir (en descendant de vélo bien entendu) le tout en maudissant l'âme sadique qui a bien pu avoir une idée pareille. Note à vous-même : on ne vous reprendra plus à improviser des trajets hasardeux en plein cœur du quartier latin (les parisiennes de l'assistance verront de quoi je veux parler) et surtout à braver votre instinct qui vous disait bien que cette rue paraissait suspecte. 
  • Le dédale parfois énigmatique des pistes cyclables : alors là je veux comprendre, vraiment. Entre la piste qui disparaît soudainement, celle qui vous fait traverser la route à l'horizontale, celle qui vous fait rouler entre la voie des voitures et la voie des bus (tu aimes le frisson ? prend un Vélib' bien sûr !), celle tellement étroite qu'elle ne vous laisse pas d'autre choix que de rouler à côté... Expliquez-moi. Et à vous tous mes amis : 

  • La station Vélib' toujours pleine/vide : je viens vous parler ici de la malédiction de la fille de proche banlieue qui devait se rendre tous les jours au centre de Paris. A vous, nouveaux vélibeurs, vous ferez vite le constat que plus vous vous éloignerez du centre et plus vos chances de parvenir à mettre la main sur un Vélib' digne de ce nom s'amenuiseront. Au contraire, plus vous vous rapprocherez dudit centre et cette fois-ci ce seront vos chances de trouvez une place libre où raccrocher votre vélo qui ne seront plus qu'un pauvre fantasme (à toutes les personnes en charge de la gestion des Vélib' qui passeraient par ici : cœur sur vous, mon but n'est absolument pas de critiquer votre travail d'une ampleur titanesque je le sais bien, mais je suis française voyez-vous, alors laissez-moi râler). Vous passerez ainsi le plus souvent votre matinée à maudire le manque de vélos et votre soirée à râler qu'il y en a trop. Paradoxe quand tu nous tiens. 
  • Les rues pavées parisiennes/nids de poule/chaussées défonc..formées : est-ce vraiment nécessaire d'argumenter ? Mieux vaut tenir fermement sont guidon et serrer les fesses.

Dernière catégorie : les soucis "techniques"


  • Le frein/la chaîne qui décide de rendre l'âme de préférence en pleine côte sur un boulevard à l'heure de pointe : que dire de plus ? Avant d'enfourcher son vélo on vérifie bien que les pneus sont gonflés (des petits coups de pieds secs dedans permettront de nous en rendre compte)(on a dit petits, les coups de pied), que la chaîne est en bon état (on fait quelques tours de pédale dans le vide et on écoute bien que rien ne "croche") et on s'assure bien entendu que la selle est à la bonne hauteur. Si malgré tout un problème survient, on n'hésite pas à descendre de vélo et à passer sur le trottoir (mieux vaut aller lentement à pied que de finir rapidement aux urgences après tout, hein). 
  • Quand ton sac/bébé décide de tenter une évasion depuis son panier/siège : aaaah les affaires mal accrochées ! Un désagrément on ne peut plus simple à éviter alors on pense bien à s'assurer que tout tient bien en place (on peut s'aider pour cela de sa chaîne antivol afin de "ficeler" le tout)(les affaires hein, pas le bébé) avant de s'élancer à toute allure ! 
  • Les jupes/talons/décolletés, ou les instruments de la chute de ta fierté : petite aparté pour vous mesdames et mesdemoiselles, oui, être jolie à vélo c'est bien, c'est pas moi qui vous dira le contraire, mais être à l'aise c'est encore mieux !  Alors les semelles qui glissent, les jupes qui volent ou encore les décolletés qui en laissent deviner plus que nécessaire dès qu'on se penche un peu il vaut mieux éviter. On n'oublie pas de penser pratique en s'habillant afin de pouvoir pédaler dans le confort et la bonne humeur (moi je dis rien, je dis ça pour vous hein).


Je pense avoir fait le tour de tous les petits soucis que j'ai pu rencontrer jusque là en selle sur mon fier destrier deux roues (mais l'avenir est plein de surprises comme dit l'adage). Je tiens à préciser que cela reste tout de même une alternative fort agréable une fois ces petits tracas domptés (et après tout c'est en forgeant qu'on devient forgeron) et je ne saurai vous décrire le sentiment d'infinie liberté que l'on peut ressentir lorsque l'on file le vent dans les oreilles, c'est tout de même autre chose que l'atmosphère confinée du métro/bus/tram. Avec l'arrivée des beaux jours peut être commencez vous sérieusement à envisager le vélo comme moyen de locomotion auquel cas..

(via)


Si pour vous aussi la redécouverte du vélo en ville s'est faite non sans quelques surprises dites moi tout en commentaire !


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